Rats dans les canalisations : comment ils remontent et comment les bloquer

Rats dans les canalisations : comment ils remontent et comment les bloquer

Un rat remonte par les canalisations quand un siphon est désamorcé ou qu’une évacuation présente un défaut d’étanchéité. Ces animaux nagent et retiennent leur respiration plusieurs minutes : la colonne d’évacuation d’un immeuble constitue pour eux un accès direct, à condition qu’un point faible existe. Voici où le chercher.

Canalisation et siphon sous un evier de cuisine

Par où ils passent réellement

Trois points concentrent la quasi-totalité des remontées.

Le siphon désamorcé. Un siphon retient de l’eau qui fait barrage. Dans un logement inoccupé plusieurs semaines, cette eau s’évapore et le barrage disparaît. C’est la cause numéro un dans les résidences secondaires et les logements vacants.

Les défauts d’étanchéité. Une canalisation fissurée, un raccord descellé ou une évacuation abandonnée mais non obturée créent un accès permanent. En immeuble ancien, ces défauts sont fréquents dans les gaines techniques.

Les WC. C’est le point le plus spectaculaire mais le moins fréquent. Il suppose une pression particulière dans la colonne et concerne surtout les étages bas.

Reconnaître le passage

Les indices sont caractéristiques. Des traces de gras sombres le long des canalisations ou des plinthes, laissées par les passages répétés. Des crottes de un à deux centimètres, regroupées plutôt que dispersées. Un bruit de grattage dans les cloisons ou sous l’évier, généralement nocturne. Et une odeur d’ammoniaque dans un placard fermé.

À la différence de la souris, le rat longe systématiquement les murs et laisse peu de traces au milieu des pièces.

Les dispositifs qui bloquent l’accès

Le clapet anti-retour. Installé sur l’évacuation, il laisse passer l’eau dans un sens et bloque la remontée dans l’autre. C’est la solution la plus efficace sur une colonne identifiée comme voie d’accès.

Le maintien du siphon en eau. Dans un logement peu utilisé, verser un peu d’eau dans chaque évacuation tous les quinze jours suffit. Une petite quantité d’huile alimentaire ralentit l’évaporation.

L’obturation des évacuations abandonnées. Une ancienne arrivée de machine à laver ou un siphon de sol inutilisé doivent être bouchés avec un matériau rigide, pas avec un chiffon.

Le colmatage des passages de canalisations. Sous l’évier et derrière les toilettes, l’espace autour des tuyaux se rebouche à la laine d’acier puis à l’enduit. La mousse expansive seule est percée en quelques jours.

En immeuble, une action collective

Une colonne d’évacuation dessert tous les étages. Traiter un seul logement ne règle donc rien si la colonne reste accessible depuis le réseau.

Le signalement au syndic est la première action utile. Il permet un diagnostic des parties communes, un contrôle des gaines techniques et, le cas échéant, la pose de clapets sur les colonnes concernées. C’est aussi ce qui permet de vérifier si le problème vient du réseau public, auquel cas le service d’assainissement de la ville doit être saisi.

Ce qu’il ne faut pas faire

Verser des produits dans les canalisations est inutile et dangereux : les rats ne sont pas dans le tuyau en permanence, et ces produits attaquent les évacuations.

Boucher provisoirement une évacuation avec un chiffon ou du plastique ne tient pas : ces matériaux sont rongés en quelques heures.

Enfin, poser des dispositifs au milieu d’une pièce ne sert à rien. Un rat longe les murs et se méfie durablement de tout objet nouveau, ce qui explique qu’un dispositif reste ignoré plusieurs jours avant d’être accepté.

Quand faire appel à un professionnel

La présence de rats, à la différence des souris, justifie une intervention professionnelle dès le premier constat : le risque sanitaire est plus élevé et l’identification du point d’accès demande un diagnostic.

Une intervention sérieuse commence par ce diagnostic des accès et des trajets, se poursuit par un traitement adapté et se termine par un contrôle à distance. Notre équipe de dératisation remet un rapport listant les points d’entrée à traiter durablement, document utile à transmettre au syndic.

Un dernier conseil : conservez ce rapport. Après des travaux dans l’immeuble, il permet de vérifier immédiatement si un point traité a été rouvert.

Les points d’entrée à vérifier en priorité

Un rat qui apparaît dans un logement parisien vient presque toujours du réseau d’assainissement, pas de l’extérieur. Il progresse dans les collecteurs, remonte les branchements d’immeuble et cherche une sortie là où le réseau n’est plus étanche. Les points faibles sont toujours les mêmes.

Les siphons de sol asséchés. Dans une cave, une buanderie ou un local poubelles peu utilisé, la garde d’eau s’évapore en quelques semaines. Le siphon devient alors un simple tuyau ouvert sur la colonne. Remettre de l’eau régulièrement, ou poser une bonde à membrane, supprime le passage.

Les colonnes abandonnées. Lors d’une rénovation, une ancienne colonne de chute est souvent coupée sans être obturée. Elle débouche dans un placard technique ou un faux plafond et devient une autoroute.

Les WC sans clapet. C’est rare mais spectaculaire : un rat peut nager plusieurs dizaines de secondes et franchir le siphon d’une cuvette lorsque la pression du réseau le pousse vers le haut.

Les regards et boîtes de branchement. Un tampon fissuré, un joint absent ou un scellement dégradé suffisent. C’est le premier point que nous contrôlons lors d’un diagnostic dans un immeuble en copropriété.

Bloquer plutôt que piéger : l’ordre des opérations

Le piégeage seul ne règle jamais un problème de canalisation. Tant que le chemin reste ouvert, la population du réseau réalimente le bâtiment. L’ordre efficace est toujours le même.

1. Localiser le passage. Inspection des sous-sols, des gaines techniques et des locaux techniques, recherche de traces de coulée, d’empreintes dans la poussière et de crottes fraîches. En cas de doute, un test à la fumée ou une inspection caméra du branchement lève l’ambiguïté.

2. Obturer durablement. Mortier avec grillage inox pour les percements, manchon et clapet anti-retour agréé pour les branchements, grille sur les avaloirs. Le PVC et la mousse expansive seuls ne tiennent pas : un rat les traverse en une nuit.

3. Traiter la population résiduelle. Postes d’appâtage sécurisés, verrouillés et repérés sur un plan, ou piégeage mécanique lorsque la présence d’enfants ou d’animaux l’impose. Chaque poste est relevé et consigné.

4. Contrôler dans la durée. Un réseau reste sous pression : sans passage régulier, la situation revient. C’est l’objet du contrat annuel de dératisation pour les immeubles et les commerces.

Pourquoi faire appel à une entreprise certifiée

La lutte contre les rongeurs est une activité réglementée : les produits biocides professionnels sont réservés aux détenteurs du certificat Certibiocide. 3D Résultats intervient sous le numéro Certibiocide N068093 et adhère à la CS3D, la chambre syndicale du secteur. Concrètement, cela change trois choses pour vous : les produits utilisés sont tracés et adaptés à la configuration des lieux, chaque poste est sécurisé et repéré sur un plan remis après l’intervention, et le rapport daté peut être présenté à un syndic, à un bailleur ou à un contrôle sanitaire. Le détail est consultable sur nos pages certifications et méthode d’intervention.

Pour aller plus loin, voir aussi nos guides bruit dans les combles la nuit, souris ou rat : identifier l’espèce et dératisation en copropriété : qui paie. Une intervention à Paris ou en petite couronne peut être demandée depuis la page dératisation Paris ou par contact, 7j/7.

Questions fréquentes

Un rat peut-il vraiment remonter par les toilettes ?

Oui, c’est physiquement possible : le rat nage et supporte une apnée de plusieurs dizaines de secondes. Le cas reste rare et concerne surtout les immeubles anciens dont le branchement n’a pas de clapet anti-retour. La pose d’un clapet agréé supprime le risque.

Comment savoir si les rats viennent des canalisations ou de l’extérieur ?

Les indices sont la localisation et l’heure. Une présence qui démarre en sous-sol, près d’un local poubelles, d’une chaufferie ou d’une colonne, avec des traces de coulée le long des murs, oriente vers le réseau. Une présence en cuisine ou en combles sans passage en cave oriente plutôt vers une entrée extérieure ou une souris.

La mousse expansive suffit-elle à boucher un passage ?

Non. Un rat ronge la mousse expansive, le plâtre et le PVC fin en une nuit. Un rebouchage durable associe un grillage inox et un mortier, ou une pièce métallique scellée.

Combien de temps faut-il pour régler une infestation venue du réseau ?

Comptez deux à quatre semaines avec plusieurs passages : un premier pour le diagnostic et la mise en place, un deuxième pour le relevé et l’ajustement, un troisième pour le contrôle. Les travaux d’obturation conditionnent le résultat final.

Qui prend en charge les travaux dans un immeuble ?

Les parties communes et le réseau collectif relèvent de la copropriété, donc du syndic. Une entrée située dans un lot privatif est à la charge du propriétaire. Le rapport d’intervention sert de pièce justificative pour trancher.